JUSQU’À QUAND CONTINUERONS-NOUS AVEC LE PILLAGE DE L’AFRIQUE?

Le 25 Mai, nous célébrons le Jour de l’Afrique. Ephéméride à célébrer entre ombres et lumières. Ce continent, où vivent plus d’un milliard de personnes, continue de souffrir l’oppression de la part de certains pays “en crise financière” qui cherchent à nous faire oublier ceux qui souffrent d’une crise permanente.

Cette année encore, en tant qu’organisations qui faisons partie du Groupe Pro Afrique, nous nous unissons aux célébrations qui se déroulent en ce jour, où il y aura des temps pour montrer la richesse socio-culturelle de ce continent, et d’autres pour dénoncer les abus auxquels il est soumis.

Cette année, nous voulons agir sur le pillage systématique des ressources naturelles de l’Afrique, avec le cas le plus flagrant: le Congo. Les conflits récents qui ont eu lieu dans la région du Kivu en R.D. du Congo mettent à nouveau en évidence que le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, qui a commencé avec l’époque coloniale, continue d’être en vigueur par des formes nouvelles de néo-colonialisme.

Que se passe-t-il en R.D. du Congo? Ouvrons les yeux:

La zone Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est d’une beauté naturelle exubérante. Cependant, ses montagnes, ses bois, et ses volcans cachent un autre attrait moins agréable à la vue, mais plus utile pour le porte-monnaie: une richesse minérale extraordinaire. Dans les nombreuses mines disséminées dans la région du Kivu, des hommes, des femmes et des enfants creusent de leurs mains ou avec des outils rudimentaires, durant des journées interminables, parfois jusqu’à 300m sous terre, avec un minimum de sécurité. Pour cela, ils gagnent habituellement moins d’un dollar par jour.

Ils recherchent des minéraux aux noms les plus étranges, mais d’une réalité très proche: le fameux coltan, la cassitérite, et la wolframite, nécessaires à la production de presque tous nos appareils électroniques modernes.

Pour les habitants de la région, cette richesse minérale s’est transformée en une malédiction contre laquelle il semble n’y avoir aucun remède. Plusieurs groupes armés congolais, rwandais et ougandais continuent d’être présents au Kivu après la guerre qui ravagea la RDC entre 1998 et 2003 et qui provoqua la mort de quelque 4,5 millions de personnes.

Ces groupes obligent les populations locales aux travaux forcés dans des mines sous leur contrôle, ils extorquent les mineurs par des impôts illégaux ou gardent directement une partie des minerais que trouvent ceux-ci. L’armée congolaise elle-même, corrompue et mal payée, participe à ces exactions. Ce qui est extrait de ces mines est appelé les minerais du conflit ou du sang.

Les minerais du Kivu sortent de la RDC par les comptoirs de Goma et de Bukavu. Les comptoirs sont des entreprises enregistrées légalement qui achètent les minerais aux mines ou à des intermédiaires et les exportent à des entreprises internationales qui les fondent, les raffinent et les rendent propres à leur usage industriel.

Il est indispensable de se demander si le développement du commerce du coltan et des autres minerais de la RDC répond particulièrement aux nécessités humaines et socio-économiques de cette population.

L’extraction de minerais a été et est encore la source de l’auto-financement du conflit. Presque la totalité des principaux groupes armés impliqués, de même que les soldats de l’armée congolaise, ont fait et font le commerce de ces minerais de façon illégale depuis des années, en toute impunité.

Au niveau économique, divers phénomènes se produisent comme la concentration des richesses chez un petit nombre, la perte de l’agriculture d’auto-subsistance, l’absence de création d’une activité stable à grande échelle, la détérioration de la qualité de vie, l’appauvrissement des communautés, et l’exploitation intensive des ressources naturelles.

L’impact social se manifeste par la construction d’infrastructures nécessaires à l’exploitation et l’évacuation des ressources, mais il n’y a aucun investissement en faveur des populations locales. Il y a aussi le déplacement de la population congolaise vers les zones minières.

Les répercussions environnementales sont également très graves: contamination des ressources comme l’eau ou la terre, déforestation, menaces d’espèces en danger d’extinction. De même, il existe des exploitations minières dans des parcs naturels, ce qui met en danger tout l’écosystème.

A niveau social, des déplacements de population ont eu lieu vers les régions minières où l’on dénonce le manque de sécurité du travail des mineurs, ce qui entraîne des dizaines d’accidents mortels, ainsi que différentes formes de violations des Droits de l’Homme, le travail des enfants, ainsi que l’impact sur la santé des travailleurs.

Une fois que nous avons ouvert les yeux, allons-nous regarder d’un autre côté?

Les 20 organisations qui constituons le Groupe Pro-Afrique, nous réaffirmons notre engagement pour un développement qui assure l’accès aux Droits de l’Homme à toutes les personnes, et en particulier à celles qui aujourd’hui continuent de vivre sans en bénéficier.

 

*Liste des associations du GPA

 

  • Alboan
  • Asamblea de Cooperación por la Paz en Euskadi
  • Asociación Africanista Manuel Iradier
  • Cáritas Diocésaine de Bilbao
  • Comité de Solidaridad con África Negra de Bizkaia
  • Derandein Fundazioa
  • Euskal Kultur Kimbanguiste Elkartea
  • FISC-Fundación Internacional de Solidaridad de Compañía de María
  • FISC-Cooperación y Desarrollo
  • Fundación Africana para la Medicina y la Investigación (AMREF)
  • Foro Rural Mundial-Munduko Landagunea
  • Fundeso Euskadi
  • Haurralde Fundazioa
  • Jóvenes y Desarrollo
  • Medicus Mundi Araba
  • Misiones Diocesanas Vascas
  • Mundukide Fundazioa
  • Nazioarteko Elkartasuna-Solidaridad Internacional
  • Proclade Yanapay
  • Serso Euskal Herria

Les organisations suivantes ajoutent leur compromis:

– ÁFRICA IMPRESCINDIBLE

– FLOR DE ÁFRICA

Pour plus d’information, contacter la Fondation Internationale de Solidarité Compagnie de Notre-Dame (FISC)

Contact: M Luz Sarabia (secteur de EpD)

Téléphone: 628 073 010

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Acerca de grupoproafrica

El “Grupo pro África” nace el 4 de octubre de 2005 en un encuentro convocado por el Foro Rural Mundial-World Rural Forum en la Granja Modelo de Arkaute (Álava). Se reunieron ocho ONGD, que trabajan en África, para compartir experiencias e impresiones sobre su cooperación al desarrollo en el continente africano. En febrero del año 2017 somos 18 las ONGD las que formamos parte del Grupo.
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